Culture
Le 16/10/2026

Exposition au LaM : des artistes singulières

À Villeneuve d’Ascq, le LaM met en lumière, avec Singulières : artistes, autodidactes, affranchies, des œuvres et des artistes longtemps restées dans l’ombre, qui ont résisté et existé par l'art.

« Porteur de nouvelles narrations, le LaM offre, avec cette exposition, un pas de côté sur les marges artistiques faisant la preuve qu’il n’y a pas une seule histoire de l’art et que celle-ci est traversée par l’émancipation féminine », décrypte Sébastien Faucon, soulignant « la résonance sociétale toute particulière de l’exposition ». 
Savine Faupin, conservatrice en chef en charge de l’art brut au LaM et co-commissaire de l’exposition, précise que celle-ci « présente des œuvres [plus de 300] de [70] femmes artistes, même si ces dernières n’utilisent pas ce terme. Elles ont en commun de faire œuvre dans des contextes non porteurs ».

Cinq parcours donnent à voir une histoire partagée, qui interroge la place des femmes dans l’histoire de l’art. C’est parti !

1.    Tracer l’invisible
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la pratique du spiritisme offre à de nombreuses femmes un espace inédit d’expression et de reconnaissance. Encourager à créer par des entités imaginaires invisibles, Élise Müller (dite Hélène Smith) peint notamment ses voyages sur Mars ; Margarethe Held réalise des portraits que ses « guides » lui souffleront de publier ; Madge Gill dessine et peint des portraits de femmes et Josefa Tolrà, artiste catalane spirite et guérisseuse, dessine et brode une œuvre foisonnante.

2.    Végétalités : femmes à l'ouvrage du commun
Longtemps associées à l’univers domestique ou aux savoir-faire dits « féminins »,
la couture, la broderie ou le tissage ont ici une tout autre portée. Les artistes (Séraphine Louis, Baya, Nicole Bayle…) travaillent un motif textile ou peint d’inspiration végétale, tissant ainsi un véritable langage artistique.

3.    De toi, je ne sais rien…
L’exposition est foisonnante à plus d’un titre. Ces œuvres pour beaucoup anonymes sont toutes associées à des trajectoires de femmes exceptionnelles, longtemps tues. En faisant réapparaitre ces histoires enfouies (certaines attributions d’œuvres - celles de Maria Theresin) ont été rendues possibles par la préparation de cette exposition ? très récemment ?), il devient possible de réinventer une mémoire collective et de redonner une place à celles qui avaient été exclues du regard (de l’hôpital psychiatrique à la prison), du récit et de l’histoire de l’art. Ainsi, en 2017, la plasticienne Mali Genest redonne vie à l’œuvre de Marie Lieb, à partir de deux photos datées de 1894.

4.    Théâtre de l’existence
Les artistes présentées dans ce parcours ont transformé leur quotidien en expérimentation. Sophie Savoye, modiste, écrit et met en scène sa pièce de théâtre en prison. Grande figure de l’art brut, Aloïse Corbaz dessine une œuvre haute en couleurs et passionnée, en milieu psychiatrique.

5.    Pour une autre histoire
Ici, se mêlent l’art et l’intime pour habiter (à nouveau) le monde autrement, dans le travail bouillonnant de Sophie Podolski comme dans la robe retissée et brodée de Dunya Hirschter pour transformer la blouse d’hôpital, classée « trésor national ». 

Singulières : artistes, autodidactes, affranchies jusqu’au 14 février 2027.musee-lam.fr

Allez-y avec la C’ART, le pass musées métropolitain, lacart.fr
 

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