Les interviews de Christophe Rauck, directeur du Théâtre du Nord et de Cyril Metzger, comédien

Les interviews de Christophe Rauck, directeur du Théâtre du Nord et de Cyril Metzger, comédien

jeudi 05/07/2018

La promotion 5 de l'École du Nord est invitée au Festival d'Avignon pour présenter son spectacle de sortie. Rencontre avec Christophe Rauck, directeur du Théâtre du Nord et de l'École du Nord qui signe la mise en scène du Pays Lointain, et de Cyril Metzger, comédien de la promotion 5.

Christophe Rauck, directeur du Théâtre du Nord et de L’École du Nord

MEL

Christophe Rauck signe la mise en scène du Pays Lointain (Un Arrangement).

Pourquoi ce texte pour le spectacle de sortie de la promotion 5 de l’école ?

« C’est un grand texte. Jean-Luc Lagarce fait partie du répertoire français contemporain. Je voulais que tous les élèves aient une belle partition. J’avais pensé à une grande pièce russe, avant de choisir un auteur français qui a un projet avec la langue. J’ai relu Le Pays lointain, texte qui pouvait être idéal pour eux, de par sa densité. La démarche a été validée par François Berreur, l’ayant droit de Jean-Luc Lagarce, et par Christophe Pellet, parrain de cette promotion. Il s’agit d’un arrangement sinon le spectacle aurait fait 3 h 30. Les élèves-auteurs ont travaillé l’adaptation et ajouté des extraits de Nous les Héros et du Journal de Jean-Luc Lagarce. Avec ce spectacle, on finit la boucle. Cela termine quelque chose à un endroit juste. »

Suite à sa création à Lille, ce spectacle est invité au Festival d’Avignon…

« L’école a été dynamisée par le projet des « Croquis de voyage » proposé par Cécile Garcia Fogel (marraine de la promotion), qui a permis de très fortes propositions des élèves, partis seuls en Europe pendant un mois. Mais celles-ci auraient été complexes à présenter au Festival d'Avignon. Alors Agnès Troly, directrice de la programmation, nous a proposé de venir avec Le Pays lointain. Le spectacle a été créé ici. C’est très belle aventure pour cette super promo et une reconnaissance de jouer dans ce festival prestigieux. »

Qu’allez-vous dire à cette promo au terme de leur formation ?

L’école est faite du projet pédagogique et faite par les jeunes gens qui ont le talent pour s’y épanouir et pour l’épanouir. Elle permet d’apprendre un métier, un geste avec des mots. Il s’agit de proposer aux comédiens et aux auteurs une boîte à outils. Pendant deux ans, ils ont travaillé, avec des artistes, les grands textes classiques et contemporains ; la dernière année est ouverte aux rencontres. Je leur dirai : « Vous avez des outils, allez-y. Le théâtre est un mode d’expression. Vous allez explorer le monde, la poétique et le politique, ouvrir les fenêtres ». L’aventure des « Croquis de voyage » a changé tous ces jeunes gens. Elle a été marquante. Je leur dirai les mots de mon grand-père, artisan-inventeur : « Un métier ne s’apprend pas, il se vole. » »

Quels pourraient-être vos premiers mots pour la prochaine promo ?

« L’école, ce sont eux qui la feront. Alain Françon sera leur parrain. Ce ne sera pas le même orchestre, pas la même énergie, mais ils sont très forts. Il y a eu 1 000 candidats pour les comédiens et 90 pour les auteurs. Nous en avons pris respectivement 14 et 4. »

Que retenez-vous de ces derniers jours de répétition ?

« On précise certains points, sur le texte ou le jeu. Ces trois ans ont été un moment fort de la vie de ces très belles personnes, des choses se sont inscrites en eux. Il faut leur faire confiance. Tous ont déjà du travail après l’école. »

Cyril Metzger, comédien de la promotion 5 de L’École du Nord

MEL

Le texte

« Je n’avais jamais travaillé sur des textes de Jean-Luc Lagarce. C’est une recherche collective. Nous avançons à tâtons, avec les élèves-auteurs, notre parrain Christophe Pellet, et sous le regard de François Berreur, l’ayant droit de Jean-Luc Lagarce. Je joue l’ami de longue date, qui est un pont entre le monde des vivants et des morts, entre la famille choisie et imposée. »

Avignon

« J’y suis allé deux fois, presque en touriste. Le projet est excitant. Expérimenter la pièce à Avignon, tout autant que la jouer dix fois. Refaire, c’est l’art du théâtre. Ici, nous sommes dans notre zone de confort. »

L’école

« J’ai de la peine à savoir ce que je veux faire mais l’école m’a appris ce que je ne veux pas faire. J’ai de la peine avec « Le théâtre, c’est la vie, un art total ». C’est un métier qu’on apprend avec des outils, autour du texte, du corps, de la voix. Je sais que j’ai fait du théâtre pour être aimé et un jour je ne ferai plus ça pour être aimé, grâce à une prise de recul et des outils, je mettrai de la distance. Je suis en répétition dès le 20 août (avec Victoire [Goupil, comédienne de la promo 5]) aux Bouffes du Nord pour Love me tender, une adaptation de Guillaume Vincent d’après des nouvelles de Raymond Carver. Une immense chance. Mon rêve fou ? Travailler avec des gens que j’apprécie : Christophe [Rauck], Alain Françon, Guillaume Vincent. J’aimerais ne pas avoir à faire des choses qui me déplaisent. Tourner avec Benoît Delépine et Gustave Kervern. Et travailler avec Gilles Privat, Pierre-Félix Gravière, Jean-Quentin Châtelain… J’aimerais retravailler avec Lucas Samain (élève-auteur) et avec Étienne Toqué (élève-comédien)… »

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