Le Centre de Valorisation Organique (CVO)

Le Centre de Valorisation Organique

Dès la mise en place de la collecte sélective en 1994, la Métropole Européenne de Lille a fait le choix d’une collecte séparative des biodéchets.

Achevé en 2007, le Centre de Valorisation Organique (CVO) a été mis en service progressivement à partir de septembre de la même année. Un Centre de Transfert et Manutention (CTM) des ordures ménagères résiduelles est associé au site de traitement. Ces deux équipements sont exploités par la société Carbiolane (Délégation de Service Public = DSP).

La valorisation organique a pour objectif premier de valoriser par une voie spécifique et responsable les déchets fermentescibles afin d’extraire tout le potentiel  énergétique  et  agronomique contenu dans cette matière (biogaz et compost). La réussite du captage de ces déchets est assurée par la mise en place de la collecte séparative en amont du traitement :

  • Des biodéchets en porte-à-porte (fraction fermentescible des ordures ménagères) ;
  • Des déchets verts en déchèterie et dans les dépôts municipaux ;
  • Des restes de repas en cantine collective et autres établissements publics.

Deux produits sont obtenus grâce au traitement de ces gisements par méthanisation puis compostage intensif des déchets fermentescibles :

Le biogaz : Epuré en biométhane, c’est une énergie locale, propre et renouvelable qui vient se substituer au gaz naturel fossile par son injection dans le réseau local de gaz naturel.

Le compost : Valorisé localement en agriculture comme amendement organique, il apporte aux terres les éléments et la matière organique nécessaires à la croissance des cultures. Cette matière riche et naturelle évite l’utilisation de fertilisants chimiques nocifs pour l’environnement et pour l’homme.

Les qualités respectives du biogaz et du compost sont le reflet de la qualité des déchets collectés. Aussi, et pour répondre aux normes de qualité respectives en vigueur (prescriptions techniques du distributeur de gaz naturel pour le biométhane et la norme NFU 44-051 pour le compost), la MEL prête une attention particulière à la qualité des gisements de déchets.

À ce travail quotidien, s’ajoute des campagnes de sensibilisation au tri des biodéchets dans les cantines, dans les administrations et chez les habitants.

La méthanisation

Il s’agit du procédé de traitement appliqué aux déchets méthanogènes, c’est-à-dire la fraction fermentescible des ordures ménagères qui a la capacité d'être dégradée par des bactéries en biogaz (mélange de méthane et de dioxyde de carbone). Trois digesteurs de 2 000 m³ chacun traitent, en parallèle, les déchets qui ont été préalablement broyés. Les bactéries vont réaliser cette dégradation en condition anaérobie (absence d'oxygène) en 3 semaines dans les digesteurs. Le chauffage est assuré par une autoconsommation d’environ 10 % du biogaz brut produit.

Le compostage intensif

Il s’agit de la technique naturelle de dégradation de la matière. Le compostage est réalisé sur les déchets ligneux à faible pouvoir  méthanogène et sur le digestat (résidu organique obtenu après méthanisation des déchets fermentescibles). 22 tunnels indépendants permettent de maintenir les conditions optimales de dégradation pendant 3 semaines : apport d’oxygène par aération forcée, arrosage et maintien de la température. Une dernière étape de 3 semaines de maturation permet d'obtenir un compost de qualité.

Les travaux d'amélioration engagés

En raison des dysfonctionnements observés sur le site dès sa mise en service industriel, il a été nécessaire de programmer différents arrêts techniques sur plusieurs années afin de remédier progressivement aux problèmes.

Les travaux se sont poursuivis lors de l’arrêt de l’hiver 2011-2012, avec :

  • 2011 : modification de la ligne d’affinage du compost ;
  • 2011 : amélioration du système de traitement de l’air de l’usine ;
  • 2012 : optimisation de la zone de préparation des déchets ;
  • Printemps 2013, des nez électroniques seront implantés sur l’équipement afin d'assurer un suivi objectif des paramètres olfactifs sur le CVO. Cette intervention n’occasionnera pas d’arrêt de l’équipement.
  • Été 2013, une dernière phase de travaux en zone de maturation du compost permet d'optimiser le degré de maturité de ce dernier et d'améliorer la  ventilation de la zone de maturation ainsi que dans l’usine.

Historique de l'injection de biométhane

En octobre 2010, la Métropole a obtenu l’autorisation d’exploiter la canalisation reliant le CVO au dépôt de bus voisin. Ainsi les premiers essais de remplissage des bus avec du biométhane ont  été réalisés avec succès fin 2010. En parallèle, la Métropole a poursuivi son travail de contractualisation avec GrDF et GDF Suez visant à injecter le biométhane produit par le CVO dans le réseau de gaz naturel.

En  juillet  2011,  la vanne a été officiellement ouverte pour la première fois en France et plus d’un million de m³ de biométhane ont été injectés depuis la mise en service (période juillet 2011- avril 2013) : c’est autant de gaz naturel fossile économisé. Depuis 2012, un tarif de rachat bonifié du biométhane a été obtenu (ce nouveau tarif est issu de l’application de décrets dans le cadre de la loi Grenelle 2) et un contrat de 15 ans a été signé avec ce tarif de vente d’énergie verte.

Chiffres clés

En 2016, le CVO a traité 50 688 tonnes de biodéchets :

31 507 tonnes de fraction fermentescible des ordures ménagères

14 380 tonnes de déchets verts

4 801 tonnes de déchets alimentaires

 

Production :

Biogaz brut = 1 214 625 Nm3

Biométhane injecté= 639 529 Nm3

Compost commercialisé = 14 446 tonnes

Sulfate d’ammonium = 371 tonnes (amendement azoté liquide issu du traitement de l'air de l'usine)

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