Interview de trois artistes lillois

Interview de trois artistes lillois qui ont imaginé une oeuvre pour le parc Mosaïc

mardi 27/06/2017 Archivé

Trois artistes lillois ont imaginé une œuvre « à pratiquer » pour le parc Mosaïc. À Houplin-Ancoisne, Julien Boucq, Quentin Hatry et Morgan Dimnet vous invitent à voir pousser les arbres ou à observer les nuages. Interview croisée.

Des sculptures pour se poser, contempler… de 7 à 77 ans. Quentin Hatry et Julien Boucq, deux des artistes de la saison à Mosaïc MEL

Des sculptures pour se poser, contempler… de 7 à 77 ans. Quentin Hatry et Julien Boucq, deux des artistes de la saison à Mosaïc

"De 7 à 77 ans, pour se poser, contempler..."

Commençons par les présentations. Vous, en quelques mots ?

Julien Boucq : J’ai étudié aux Beaux-Arts de Tourcoing et fréquente La Malterie [lieu d’expérimentation, ateliers d’artistes, Lille] depuis quatre ans. J’aime le travail in situ. Notre dernier projet, avec Quentin [Hatry], dans le cadre du festival d’art en pleine nature Horizons, est un amphithéâtre niché dans la chaîne des Puys.

Quentin Hatry : Architecte depuis dix ans, après le chantier de ma maison à Fives [Lille], j’ai eu envie de retrouver des sensations de travail à une petite échelle, de fabriquer du mobilier par exemple. Dans notre collaboration avec Julien, nous prenons plaisir à concevoir, fabriquer et installer ensemble. J’ai rencontré Morgan [Dimnet] à La Malterie. Les sculptures de Mosaïc sont notre premier projet commun.

Morgan Dimnet : Après une fac d’arts plastiques, j’ai étudié au Fresnoy à Tourcoing. J’ai une pratique plutôt collective avec le collectif Qubo Gas (dessin, papier, sculpture, installation, peinture murale…). Avec Julien et Quentin, nous avons un sens esthétique proche. On se passionne pour l’architecture et le design.

Un regard sur votre œuvre ?

Julien Boucq : À peine installée, un petit râlait : « Ils sont nuls ces jeux » (rires). Certes, nous nous sommes aussi inspirés de jeux d’enfants mais cette œuvre est un objet hybride.

Morgan Dimnet : Qu’on la contemple graphiquement ou qu’on la pratique, elle a généré une interactivité. Le projet : se poser, se reposer, contempler la nature.

Qu’est-ce qui vous a inspirés dans l’idée de travailler pour ce parc ?

Quentin Hatry : Son histoire…

Julien Boucq : Chaque jardin, qui vient d’un horizon différent.

Morgan Dimnet : Les notions de nomadisme et de multiculturalisme ont été déterminantes dans nos choix. Question inspiration, nous avons regardé du côté de la microarchitecture, de l’habitat nomade hippie des années 1960/1970, des huttes et des tipis…

Quentin Hatry : Des perchoirs, des yourtes…

Morgan Dimnet : Nous avions envie de mixer dimensions artistique et hybride, de proposer une forme et un langage compréhensibles par tous et de travailler autour de l’architecture et du volume.

Un mot sur les coulisses de la réalisation ?

Quentin Hatry : Nous avions envie de faire et d’explorer ensemble…

Julien Boucq : De travailler en fonction d’un lieu.

Morgan Dimnet : De concevoir un projet et de le réaliser de A à Z.

Julien Boucq : Nous étions d’accord sur l’idée d’un ensemble de sculptures : une hutte d’observation, un transat, une balançoire, une tente et une yourte… Et tous les trois souhaitions travailler le métal.

Morgan Dimnet : On partait à l’aventure techniquement. Nous avions quatre mois devant nous. Ce travail a été une magnifique découverte. Une récréation fatigante et éprouvante. Dominique Colbaut, artisan en retraite, nous a transmis son savoir-faire.

Quentin Hatry : Après ce partage, chacun d’entre nous était autonome dans l’usine. Notre travail a débuté avec des barres de six mètres.

Julien Boucq : Aux yeux des ouvriers, nous faisions, dans un premier temps, figures d’extraterrestres…

Morgan Dimnet : Puis, leurs regards ont changé. Nous nous étions imposé un procédé de construction : les sculptures devaient être démontables et multicolores.

Julien Boucq : Il s’agissait de proposer différentes façons de voir le paysage : dos à dos, seul, en regardant le ciel, en se mettant debout…

Quentin Hatry : Et, en échangeant avec les jardiniers, de déterminer des lieux pour poser puis déplacer, une fois par mois, les sculptures. Pour observer, depuis différents points de vue, la floraison, les animaux et les oiseaux.

À savoir

Mosaïc, 103 rue Guy-Môquet à Houplin-Ancoisne.

Jusqu’au 5/11.

Tous les jours, 10 h-19 h (20 h dimanche et jours fériés)

www.enlm.fr/mosaic

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